|
Les fascistes visent à détourner la culture populaire en une
culture politique et idéologique qui serve leurs projets de
mobilisation raciste, machiste, en faveur de l'ordre établi.
Ils tentent naturellement de récupérer le lifestyle, l'estéthique
de ces scènes musicales. Le « hatecore » vise la scène hardcore, le
« terror edge » la scène straight edge, le « national socialist
black metal » la scène black metal.
|
Le terme de « hatecore » (hate = haine, core = noyau, dévié de
hardcore = noyau dur) désigne initialement une frange de la scène
hardcore nord-américaine de la fin des années 1980 - début des
années 1990, mettant l'accent sur l'expression de la négativité
existant dans le société. Les groupes de musique associés à ce
courant sont très clairement de gauche et appellent à l'engagement
social (Sheer Terror, Integrity, Neglect, SFA...).
Au milieu des années 1990, les fascistes se sont appropriés le
terme, l'écrivant parfois H8Core (8 se prononçant « eight » en
anglais) pour désigner la musique hardcore estampillés White Pride
(« fierté blanche ») et les groupes de ce courant (comme Max
Resist, Blue Eyed Devils et Intimidation One).
|
|
|
Il existe aujourd'hui de très nombreux groupes de hatecore; des
réseaux comme myspace pullulent de structures se liant les unes aux
autres. Les groupes les plus connus sont en
Italie Hate For Breakfast, en Allemagne Moshpit et Path of resistance
(rien à voir avec le groupe vegan straight edge des USA)
ou encore Blue
Eyed Devils des USA; la frontière est très poreuse avec le « rock
against communism » (rac) qui est la version nazie de la musique oï.
Le hatecore prône en quelque sorte la fusion des identités hardcore
et skinhead, dans une apologie du machisme et de la brutalité.
|
|
Le national socialist black metal (NSBM) est une tentative d'amener
la scène black metal dans la mouvance nazie. Profitant de l'aura du
groupe de black metal Burzum (dont le membre principal ou unique a
assassiné le chanteur du groupe Mayhem en raison de ses
revendications communistes), le NSBM revendique la tradition « evil
» et « underground » du black metal, ses revendications païennes,
auxquelles il a ajouté une dimension européenne et racialiste.
|
|
|
Le « terror edge » est quant à lui la tentative nazie d'influencer
le mouvement straight edge. Issu de la scène punk hardcore, les
straight edge rejetent l'alcool, les drogues ainsi que les
relations sexuelles sans sentiments; à cela s'est ajouté la mise en
avant du végétarisme puis du véganisme.
Le « terror edge » reprend le thème de l'alcool et des drogues pour
revendiquer une identité nazie « pure ».
|
L'extrême-droite tente également de mettre en avant un « rock
politique », comme en Italie avec le groupe Zetazeroalfa ou en
France avec le RIF: le « rock identitaire français » qui se
considère comme « identitaire et patriotique ». Le « RIF » tente de
fédérer les personnes sur une base « anti-mondialisation », « anti-
américaine » et anti-immigrés (Basic Celtos, In Memoriam,
Fraction...).
|
|
|
En Allemagne le mouvement « Let's fight white pride » s'est lancé
pour contrer la tentative fasciste de récupérer la scène musicale
hardcore, et plus globalement toutes les structures musicales
alternatives.
|
|
Les fascistes ont fait leur propre version du logo « Good night
white pride" (« Bonne nuit la fierté blanche »), y mettant le texte
« Good night left side »(« Bonne nuit le camp de gauche »). Une
belle démonstration que la campagne anti-fasciste tape là où ça
fait mal!
|
|
|