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Aujourd'hui l'extrême-droite mène systématiquement campagne contre la loi Gayssot. Cette loi, qui a comme nom celle du député qui l'a portée, a été adoptée par l'Assemblée nationale le 13 juillet 1990. Elle frappe la contestation de l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité définis par l'article 6 du Statut du Tribunal militaire international de Nuremberg.
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Pourquoi cette loi existe-t-elle ? En raison de la pression anti-raciste des masses, particulièrement attentives au néo-nazis. Dans les années 70, les antisémites vont se servir de la façade historique pour diffuser l'idée que les chambres à gaz n'auraient pas existé ou que le génocide des populations juives n'aurait pas eu lieu (avec par exemple la thèse comme quoi les chambres à gaz existaient mais qu'elles servaient uniquement à éradiquer les poux des déportés).
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Or à l'époque, les textes juridiques sont insuffisants pour sanctionner le négationnisme, car le négationnisme n'appelle pas directement à la haine raciale. Il est plus diffus, exactement comme « les protocole des sages de Sion » n'appelaient pas à l'extermination des juifs, mais ont été largement instrumentalisés à cette fin.
Cet ouvrage de propagande antisémite dévoilant un prétendu programme mis au point par un « conseil de sages juifs » a été écrit pour servir le tsarisme ; il diffuse l'idée d'un « complot juif international » pour contrôler le monde. Ce faux a attisé l'antisémitisme, jusqu'à aujourd'hui. Le « protocole des sages de Sion » est interdit de diffusion par un arrêté du 25 mai 1990 sur le fondement du décret-loi du 6 mai 1939.
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Car les lois contre le racisme ont déjà existé, sous la pression antifasciste. La première loi date du 21 avril 1939, elle réprimait les discriminations raciales, et est aussi connue sous le nom de « décret-Loi Marchandeau ». Ce texte prévoyait des poursuites « lorsque la diffamation ou l'injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura eu pour but d'exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants ». Il a été évidemment abrogé par le gouvernement de Vichy, le 16 août 1940 ; le 3 octobre le régime de Vichy adopte la loi fixant le statut des Juifs et les bannissant des emplois publics.
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Le décret-loi Marchandeau sera rétabli par l'intermédiaire de la loi « Pleven » le 1er juillet 1972. Cette loi reprend les délits de diffamations et injures, mais vient aussi incriminer les actes racistes et antisémites. Le législateur offrira aussi la possibilité aux associations d'agir en justice sur ce fondement.
Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) a eu une influence importante dans l'adoption de ce nouveau cadre légal.
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La loi Gayssot complète le tableau, en permettant de bloquer, au moins un peu, la diffusion d'une partie de la propagande fasciste. D'où l'activité fasciste pour faire disparaître cette loi,
et évidemment pour empêcher sa généralisation (notamment de la part des fascistes turcs, qui veulent continuer à nier le génocide arménien).
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