La Résistance dans le Nord le Pas-de-Calais


Première région envahie (mai 1940), le Nord le Pas-de-Calais a vu s'organiser la première lutte clandestine contre le fascisme et fut avec la région parisienne, les bases les plus importantes de la résistance.

Dès 1940, les communistes de ces deux départements reprennent les liaisons entre eux et avec le Comité central à Paris, pour devenir la plus importante organisation de résistance développant son activité en particulier dans les mines, les usines et la jeunesse.

Dès juin la première réunion se tient. Un "Appel aux Français" est rédigé, 5000 tracts sont diffusés. Germinal Martel, le secrétaire des Jeunesse Communiste du Nord, organise la première action spectaculaire : un bureau de propagande nazie qui vient d'ouvrir est brisé à coups de pavé.


En juillet est décidé l'organisation des groupes clandestins dans les puits de mines, avec quatre objectifs principaux :
- saboter la production du charbon envoyé en Allemagne;
- préparer des mouvements revendicatifs;
- récupérer les explosifs des mines et les armes abandonnées par l'armée française;
- éditer un journal adressé aux mineurs et aux femmes des mineurs.

La liaison du Nord et du Pas-de-Calais avec la Résistance au niveau nationale est particulièrement difficile en raison de leurs statuts spécial d'occupation, les nazis souhaitant les annexer. Ils constituent ce qu'on appelé la "zone rouge" avec une véritable frontière les séparant du reste de la France.

En août 1940, le journal régional des communistes du Nord et du Pas-de-Calais, L'Enchainé, reparaît et est tiré à dix mille exemplaires. Peu à peu les syndicats clandestins s'organisent à leur tour. Des "Comités d'union syndicale et d'action" sont créés un peu partout.


La jeunesse du nord de la France joua un rôle de premier plan pendant toute l'occupation. C'est dans le Pas-de-Calais que se trouvait Julien Hapiot qui fut secrétaire national de la Jeunesse communiste de France au cours de la Résistance. En 1936, à 23 ans, il a également été l'un des premiers volontaires des brigades internationales en Espagne; il sera alors grièvement blessé.
Il est arrêté en 1943 et fusillé à la citadelle d'Arras le 13 septembre de cette même année.

Une autre personnalité importante en ce début d'organisation de la résistance est Martha Desrumeaux, militante communiste et syndicale très jeune, elle joua un rôle très important dans les luttes des mineurs et des travailleurs du textile.




Durant les premiers mois de 1941, de nombreuses actions voient le jour (grèves, manifestations, tractages), qui donnèrent lieu à la plus grande grève menée sous l'occupation. Elle dura du 26 mai au 10 juin 1941, regroupant la quasi-totalité des mineurs du Nord et du pas-de-Calais.

Là encore la jeunesse jouant un rôle de première importance. Malgré une terrible répression, l'occupant capitula sur les principales revendications formulés conjointement par les grévistes et les femmes de mineurs.
Cette grève permit un grand pas en avant dans l'idée du développement de la lutte armée.



Les sabotages organisés par l'O.S. (Organisation Spéciale) et des patriotes isolés avaient commencé dès 1940 : câbles téléphoniques sectionnées, clous semés sur le passage des camions allemands, récupérations d'armes...

Au début de l'année 1941, le groupe des jeunesses communistes du Nord portent des coups dur à l'occupant nazi : il dynamite une génératrice et une sous-station électrique, il fait dérailler un train militaire allemande, il attaque des soldats nazis à Lambersart...

Peu à peu les "Bataillons de la Jeunesse" prennent forment, les attaques et sabotages se multiplient, la répression également, même si elle était là dès le départ: entre mai et juin 1940 380 otages sont fusillés, 45 personnes déportés.


Il faudrait également citer les noms des jeunes communistes Eusébio Ferrari, René Denys et Pawlvsky, qui tombèrent alors qu'ils tentaient d'exécuter le traître qui avait dénoncé Félicien Joly. Mais aussi les jeunes émigrés de l'héroïque groupe "Popof".,,

Pour la mémoire, dans les fossés de la citadelle d'Arras, 220 plaques rapellent les noms de quelques-uns parmi les milliers de résistants du Nord et du Pas-de-Calais assassinés par les nazis. Sur ces plaques, les noms de mineurs français et polonais, de Yougoslaves, d'Espagnols, d'Italiens, de Tchèques, de Hongrois, ou encore de soldats soviétiques évadés ayant rejoint la Résistance.

Les trois quarts de ces plaques portent les mots "communiste" et "F.T.P.". La majorité le mot "mineur". Viennent ensuite les cheminots de la ligne du Nord et des chemins de fer des mines, les métallurgistes, ouvriers agricoles, les cultivateurs... Bref c'est tout le prolétariat du Nord et du Pas-de-Calais qui s'éleva contre l'occupant fasciste !